Oubliez !
En Espagne, le stock de logements invendus permettrait de loger toute une nouvelle génération ! Par exemple, sur le site
www.idealista.com il y a 850 000 offres qui ne trouvent pas preneur. Cela signifie que si vous achetez, vous ne pourrez pas revendre, même à perte, pendant au moins 15 ans si ce n'est plus. En effet, il y a eu beaucoup de spéculation immobilière et la chute des prix n'en n'est qu'à ses débuts.
Par ailleurs, les impôts sont beaucoup plus lourds qu'en France:
A l'achat, comptez 10 % du prix de vente en taxes et impôts. C'est énorme. Pour un achat de 150 000 Euros vous payez le prix d'une bonne voiture en taxes et impôts et comme les prix sont en chute libre vous n'êtes pas près de récupérer votre mise.
Ensuite, il y a les impôts récurrents:
1- IBI: taxe foncière (comme en France).
2- Basura: enlèvement des ordures ménagères. Attention, cette taxe est en hausse constante. Elle sera bientôt équivalente à la taxe d'habitation en France.
3- Impôt supplémentaire pour les non résidents: c'est un impôt annuel dont le montant est égal à une fraction de la valeur cadastrale du bien. Cela s'appelle "impuesto sobre renta de no residentes", c'est un impôt sur un revenu fictif.
4- ISF ou impôt sur le patrimoine. Hé oui ! Bien que l'ISF ait été supprimé en Espagne, il n'a été supprimé que pour les Espagnols et il subsiste pour les non résidents. Attention: il n'y a pas de seuil d'entrée, cet impôt sur le patrimoine (qui s'ajoute à l'impôt "sobre renta supuesta") est égal à une fraction de la valeur cadastrale du bien. C'est un impôt que VOUS PAYEZ CHAQUE ANNEE.
Ensuite, sachez qu'à la revente, il n'y a pas comme en France d'exonération d'impôt sur la plus-value au bout de 15 de détention. De plus non seulement vous paierez un impôt sur la plus value "standard" (comme tous les Espagnols), mais en plus vous paierez un impôt supplémentaire sur la plus-value que seuls paient les non résidents.
Si vous louez votre bien (et que donc, vous n'en profitez pas), vous paierez 24% sur les loyers.
Bref, au final ne comptez surtout pas faire de plus-value en achetant en Espagne. Au mieux, peut-être dans 15 ans, vous récupèrerez votre mise.
Si vous achetez malgré tout, soyez très vigilents. Le notaire ne vérifie pas si le vendeur est proriétaire du bien. C'est à vous de le vérifier et vous devrez payer les services d'un avocat ou d'un asesor pour cela (compter 1500-2000 euros d'honoraires). Il vérifiera également la légalité de la construction (respect du permis de contruire, respect du cadastre). Il vérifiera aussi que l'ancien propriétaire est à jour des ses impôts (sinon c'est vous qui devrez les payer). Idem charges de copropriété, électricité, eau.
Faites tout de suite un testament: les lois Françaises ne s'appliquent pas en Espagne. Une donation entre époux en France ne couvrira pas le bien en Espagne.
Faites également bien votre compte sur les charges après achat, les abonnements électricité sont en hausse vertigineuse avec l'ouverture très prononcées à la concurrence dans le marché de l'électricité en Espagne.
Faites vérifier la présente des termites: il n'y a aucune protection de l'acheteur en Espagne.
Vérifiez bien les m2: la loi Carrez ne s'applique pas en Espagne. Quand on y parle de mètre carré construit, c'est un mètre carré où on a posé du béton: une allée dallée, une terrasse extérieure comptent dans les mètres carrés construits. Vous arrivez ainsi à des 130 m2 construits qui donneraient 70 m2 habitables en France.
Et enfin, cela peut paraitre bizarre mais le soleil tout l'été en Espagne c'est de l'histoire ancienne. Il y a un réel changement climatique: il pleut l'été et même beaucoup y compris sur la costa blanca. Je me souviens des montagnes arides de mon enfance, elles sont vertes maintenant. Il pleut au mois de juillet. Au mois d'aout il pleut en moyenne 1 jours sur 3 sur la costa blanca.
Désolé d'avoir dépeint un tel tableau, mais c'est la réalité: l'Espagne ce n'est plus ce que c'était.